E-stampages

La collection du laboratoire HiSoMA

L'épigraphie grecque à Lyon

C'est dès la fin du XIXe siècle que Lyon fut, avec Paris et Strasbourg, un des centres français les plus actifs pour l'étude de l'hellénisme antique. Quatre professeurs, tous adonnés à l'archéologie, à l'histoire et à l'épigraphie grecques incarnent cette tradition : avant la première guerre mondiale, Maurice Holleaux, qui fut l'un des quatre savants d'envergure internationale, après Letronne, en même temps que l'Autrichien Wilhelm et avant son élève, Louis Robert, qui firent de l'épigraphie grecque une science. 

L'archéologue Gaston Colin à Delphes - Archives EfA

Maurice Holleaux fut membre de l’École française d'Athènes dans les années 1880, puis titulaire de la chaire d’Histoire ancienne à Lyon, où il créa un enseignement d’archéologie et d'épigraphie grecque, ainsi qu'un très riche Musée de moulages. Il repartit ensuite en Grèce pour y occuper, à partir de 1904, le poste de directeur de l’École d’Athènes. C’est sous son mandat que furent entrepris les dégagements systématiques à Délos et à Thasos, sites de première importance pour le nombre d’inscriptions qui y furent mises au jour, comme en témoigne l’abondance d’estampages provenant de ces deux sites dans la collection de l'École française d'Athènes.

Après la première guerre mondiale, la chaire d'enseignement lyonnaise fut occupée par Fernand Courby, qui créa en 1923 l'Institut d'épigraphie grecque. À partir de 1949 et jusqu'aux années 80, Jean Pouilloux, membre de l'Institut, éditeur de corpus d’inscriptions de Delphes et de Thasos, déploya toute son énergie et sa générosité pour faire de Lyon un centre reconnu internationalement pour les études portant sur un hellénisme élargi à l'ensemble du monde antique, qu'il établit à partir de 1975 dans la Maison de l’Orient et de la Méditerranée qui porte désormais son nom.

Son successeur dans la chaire de philologie et épigraphie grecques de l'Université Lyon 2, Georges Rougemont, récemment disparu, sut maintenir vivante et dynamique la tradition de la recherche en épigraphie à Lyon, tant par ses publications de corpus d'inscriptions que par son charisme de grand pédagogue, alliant érudition, clarté et rigueur.

Les fonds d'estampages du laboratoire HiSoMA

La collection des estampages d'inscriptions grecques et latines du laboratoire HiSoMA, toujours vivante, comprend à ce jour près de 11 000 documents, ce qui fait d’elle la plus importante de France. Elle ne se limite pas à des fac-similés d'inscriptions découvertes en Grèce, mais comprend  également un ensemble très important d'estampages du Proche-Orient, réalisés dans le cadre du programme de recherche international des IGLS, ainsi que des estampages d'inscriptions d'Afrique du Nord et de Gaule. 
La partie de la collection venant de Grèce proprement dite regroupe plusieurs fonds régionaux qui, au cours des décennies précédentes, ont fait l'objet de mises en ligne partielles sur le web.

Estampages thessaliens

Lancées par Jean Pouilloux, coordonnées par la suite par Bruno Helly, les études historiques et épigraphiques concernant la Thessalie constituent depuis une quarantaine d’années l'un des domaines de recherche les plus dynamiques du laboratoire lyonnais. Elles ont toujours été menées avec le souci de constituer un pôle de documentation et plus de 3000 estampages d'inscriptions thessaliennes ont été systématiquement réalisés et archivés au laboratoire. L'équipe de chercheurs travaillant sur la Thessalie antique a eu très tôt recours à l’informatique pour la gestion documentaire, et au cours des années 2000, 2850 estampages ont fait l’objet d’une numérisation 2D, réalisée avec un scanner Digibook 5600 (I2S) par le service Image de la Maison de l'Orient et de la Méditerranée. Cette opération s'est accompagnée d'un premier essai de diffusion sur le web couplant images en noir et blanc et métadonnées portant sur 150 estampages. Mais le résultat de cette méthode de création d'images numériques ayant été jugé insuffisant, l'entreprise n'a pas été poursuivie.

Fonds d'archives Paul Roesch

Déposé au laboratoire HiSoMA par les ayants droit de l’épigraphiste Paul Roesch, ce fonds d'archives comprend 1212 estampages d’inscriptions en provenance de Béotie, très complémentaires de ceux concernant la même région de Grèce qui sont conservés à l'EFA. À partir de 2008, une équipe coordonnée par Isabelle Pernin développa une base de données associée à des numérisations des photographies, estampages et carnets de mission pour leur mise en ligne sur un site dédié.

La sélection pour publication sur le web

Dans le cadre de la première phase du programme E-STAMPAGES, ont été retenus pour numérisation et diffusion sur le web
• les estampages reliés à la collection de l'EFA par une histoire institutionnelle commune 
• les estampages du fonds Jean Pouilloux, complémentaires des ensembles de Thasos et de Delphes conservés à l'École française d'Athènes
 
Collection
Dates extrêmes
Volumétrie
Phocide-Delphes
1975-1993
549
Thasos
1946-1956
449
Délos
1903-1925
3
Préc. Suivant